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Lǜchá xiànjǐng

lǜchá xiànjǐng · 绿茶

Le thé vert (绿茶 *lǜchá*) est la plus grande catégorie de thé chinois et, de ce fait, détient le record des confusions de noms : c'est en effet dans cette catégorie que l'on trouve le plus de thés reno

Le thé vert (绿茶 lǜchá) est la plus grande catégorie de thé chinois et, de ce fait, détient le record des confusions de noms : c’est en effet dans cette catégorie que l’on trouve le plus de thés renommés (名茶 míngchá), et les appellations historiques se sont forgées d’après la forme de la feuille, la couleur de la matière première ou le toponyme, et non d’après la technique de fabrication. Cet article recense les « pièges » les plus courants, afin que le catalogue reste rigoureux : la catégorie d’un thé est déterminée par son traitement, et non par un mot dans son nom.

Règle fondamentale : la catégorie, c’est le procédé, pas le mot

L’appartenance à l’une des six catégories de thé chinois est définie par le mode de traitement, avant tout par la présence ou l’absence de « fixation du vert » (杀青 shāqīng, arrêt de l’activité enzymatique par la chaleur) et d’opérations telles que l’« étouffage » (闷黄 mēnhuáng) pour les thés jaunes, ou la fermentation microbienne pour les thés sombres. Les termes « blanc », « jaune », « argenté », « vert » dans le nom relèvent du marketing, d’une tradition régionale ou d’une description de l’aspect, et non d’une indication de catégorie. C’est de là que découlent toutes les exceptions énumérées ci-dessous.

« Blanc » de nom — vert de catégorie

Le piège le plus connu est 安吉白茶 (Ānjí báichá, « thé blanc d’Anji »). Malgré la présence du mot 白茶, il s’agit d’un thé vert. Le secret réside dans le cultivar albinos 白叶一号 (báiyè yīhào). Par les basses températures printanières, les jeunes pousses subissent un « blanchiment dû au froid » (低温白化) : la feuille est pauvre en chlorophylle et riche en acides aminés, ce qui confère à l’infusion un caractère « frais » (鲜 xiān) très marqué. Mais la matière première est traitée selon la technologie verte — avec fixation 杀青, sans étouffage, et sans le flétrissage prolongé caractéristique du véritable thé blanc. Ainsi, 安吉白茶 appartient à la catégorie verte, et n’est dit « blanc » qu’en raison de la couleur pâle de la feuille.

Suivant la même logique, restent des thés verts, et non blancs, 正安白茶 (Zhèng’ān báichá), 天目湖白茶 (Tiānmùhú báichá) et 资溪白茶 (Zīxī báichá) — tous sont fabriqués à partir de cultivars albinos similaires et traités comme du thé vert.

Une même montagne — différentes catégories : 蒙顶山

La montagne Mengding (蒙顶山 Méngdǐngshān) produit des thés de différentes catégories, ce qui prête à confusion. 蒙顶甘露 (Méngdǐng gānlù) et 蒙顶石花 (Méngdǐng shíhuā) sont des thés verts. En revanche, 蒙顶黄芽 (Méngdǐng huángyá) est un thé jaune (黄茶), car sa fabrication comporte une étape d’étouffage 闷黄, qui lui confère douceur et tonalité chaude. Un même toponyme, une même région d’origine — mais des technologies différentes, et donc des catégories différentes.

Les « aiguilles d’argent » qui ne sont pas identiques

Le terme « aiguilles » (银针 yínzhēn) désigne une forme — des bourgeons droits en forme d’aiguilles — et se rencontre dans plusieurs catégories à la fois :

Tous trois sont des bourgeons en forme d’aiguille, mais appartiennent à trois catégories distinctes. 君山银针 est particulièrement souvent confondu avec 白毫银针, précisément à cause du mot « aiguilles ».

Un même district — deux catégories : 安化

Le district d’Anhua (安化 Ānhuà), au Hunan, produit deux catégories différentes :

  • 安化松针 (Ānhuà sōngzhēn, « aiguilles de pin d’Anhua ») — thé vert en forme d’aiguilles.
  • 安化黑茶 (Ānhuà hēichá) — thé sombre (黑茶) à fermentation microbienne, catégorie à laquelle appartiennent les célèbres briques « mille taëls » (千两 qiānliǎng) et « brique fu » (茯砖 fúzhuān).

Un seul et même district, mais les « aiguilles de pin » sont vertes, tandis que le « thé noir d’Anhua » est sombre. Le toponyme ne détermine pas la catégorie.

« 毛尖 » — c’est un type, pas un seul thé

Le terme 毛尖 (máojiān) décrit une forme et un type (petites feuilles torsadées avec des bourgeons), mais n’est pas attaché à un seul thé ou à une seule catégorie :

  • 信阳毛尖 (Xìnyáng máojiān, Henan) — vert.
  • 都匀毛尖 (Dūyún máojiān, Guizhou) — vert.
  • 古丈毛尖 (Gǔzhàng máojiān, Hunan) — vert.
  • 沩山毛尖 (Wéishān máojiān, Hunan) — jaune (黄茶).

Trois « maojian » sont verts, le quatrième est jaune. Un mot identique dans le nom ne garantit pas une catégorie commune.

Pas vert, bien que « le nom sonne vert » ou qu’il pousse dans une région verte

Plusieurs thés célèbres sont classés à tort parmi les verts :

  • 大红袍 (Dàhóngpáo), 铁观音 (Tiěguānyīn), 凤凰单丛 (Fènghuáng dāncóng), 冻顶乌龙 (Dòngdǐng wūlóng) — ce sont des wulong (青茶 qīngchá), partiellement fermentés, et non des thés verts.
  • 普洱生茶 (Pǔ’ěr shēngchá) et 晒青毛茶 (shàiqīng máochá) — formellement, le 晒青 (shàiqīng, séchage au soleil) relève de la technique verte de fixation, mais c’est la matière première de base du pu’er ; aussi, ces thés sont-ils traités dans le cadre du pu’er, et non du thé vert.

Et enfin, l’essentiel : 绿茶 ≠ « vert / biologique ». La catégorie est déterminée par le traitement, non par la couleur de l’emballage ni par le statut écologique du produit.

Verts, mais « bizarres » de forme

Certains thés verts authentiques ont une apparence inhabituelle et déroutent pour cette raison :

  • 六安瓜片 (Lù’ān guāpiàn) — le seul thé fabriqué exclusivement à partir de la feuille, sans bourgeon ni tige.
  • 太平猴魁 (Tàipíng hóukuí) — thé plat de très grande taille, de type « deux feuilles et un bourgeon », pouvant atteindre ~7 cm de long ; c’est un thé vert à séchage à chaud (烘青 hōngqīng).
  • 恩施玉露 (Ēnshī yùlù) et 仙人掌茶 (Xiānrénzhǎng chá) — rarissimes en Chine, ce sont des thés verts étuvés (蒸青 zhēngqīng), où la fixation est réalisée à la vapeur, et non par chauffage en bassine.

Les thés étuvés japonais — une histoire à part

Les 煎茶 japonais (sencha), 玉露 (gyokuro), 抹茶 (matcha) et 玄米茶 (genmaicha) sont également des thés verts, eux aussi à fixation vapeur (蒸青), mais ce sont des thés japonais, et il ne faut pas les mêler aux catégories chinoises.

Comment éviter le piège : pense-bête succinct

  • Regardez la technologie, pas le mot. Y a-t-il 杀青 ? Y a-t-il 闷黄 (dans ce cas, c’est un thé jaune) ? Un flétrissage sans fixation (blanc) ? Une fermentation microbienne (sombre) ?
  • « Blanc » dans le nom (comme pour 安吉白茶) signifie souvent un cultivar albinos, et non la catégorie 白茶.
  • « Aiguilles d’argent » et « maojian » sont des formes qui se rencontrent dans différentes catégories ; vérifiez la région et le traitement.
  • Un même toponyme (蒙顶山, 安化) peut produire des thés de différentes catégories — ne vous fiez pas à la géographie comme indicateur de catégorie.
  • « Vert » en tant que catégorie n’est pas égal à « couleur verte » ni à « bio / organique ».

La conclusion est simple : dans le thé vert, le nom est souvent trompeur. Un indicateur fiable demeure toujours la technologie de traitement, et c’est en fonction d’elle que nous classons le thé dans l’une ou l’autre des six catégories.

Thèmes connexes : taxinomie du thé vert, les catégories huángchá, báichá, hēichá et pǔ’ěr.